Antipode

R&D, 2009

Les objets sont-ils ce qu'ils prétendent être ?

Aujourd’hui, les objets que nous côtoyons au quotidien manquent de charme et de mystère : ils ne sont finalement que ce qu’ils prétendent être. Une lampe n’est qu’une lampe, elle nous éclaire.

Nous souhaitions concevoir une lampe qui soit plus qu’une lampe. Antipode est un luminaire connecté à un réseau de webcams du monde entier, dont l’intensité se module suivant la région du monde où elles se trouvent : s’il y fait jour ou nuit, si l’on est en été ou en hiver... Le variateur de la lumière navigue dans le répertoire de webcams et grâce à un affichage à LED surmonté d’une fine couche de porcelaine, qui apporte un léger flou à l’image, la lampe ne projette qu’un halo de lumière dont l’intensité et la couleur correspondent à la situation en temps réel de la ville filmée. La luminosité est donc liée à la longitude et à la latitude du point émetteur (fuseau horaire pour le jour ou la nuit, et couleurs froides ou chaudes selon la saison).

Cet objet connecté va au-delà de la technicité developpée ici : une certaine poésie se fait jour, cette lampe devient mystérieuse et quelque part de tels dispositifs contribuent à réenchanter un quotidien parfois trop technocentré, où la réflexion sur l’usage de ces objets est atrophiée. Antipode stimule l’imaginaire et la rêverie : elle est plus qu’une simple lampe, elle est créatrice de sens.